Les soeurs de la Visitation

 
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Histoire d’une fondation, les premiers pas d’une communauté

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Auteur : Florent ROEMER

La fondation du monastère

Le monastère de la Visitation Sainte Marie de Metz a été fondé le 24 avril 1633, du vivant même de la fondatrice de l’ordre, Sainte Jeanne de Chantal.

C’est lors d’une visite d’Anne d’Autriche à Metz, en 1632, que la reine s’informa de l’existence d’un couvent de cet ordre et exprima ses regrets que les sœurs visitandines, pour lesquelles elle avait une affection particulière, n’y soient pas représentées.

Sa première dame d’honneur s’adressa donc aux sœurs de Pont à Mousson pour qu’elles contribuent à la fondation d’un nouveau couvent. La Mère Claude-Marie d’Auvaine fut malheureusement dans l’impossibilité de répondre à cette demande d’une part parce qu’elle venait de fonder un couvent à Nancy et ne pouvait pas réduire encore sa propre communauté, et d’autre part car il ne paraissait pas de bonne politique d’envoyer des sœurs étrangères (nous sommes au temps de la Lorraine ducale) dans une ville de garnison comme Metz.

Sept sœurs de Riom furent alors chargées par Sainte Jeanne de Chantal de la nouvelle fondation. Sœur Marie-Catherine Chariel, supérieure, Sœur Maire-Gabriel de Gondras, assistante, Sœur Claire-Françoise de Montanas, directrice, Sœur Anne-Françoise Chardon, professe d’Annecy, Sœur Marie-Agnès Valette, Sœur Jeanne Baptiste, Sœur Marie-Amable Varenne quittèrent Riom le 16 novembre 1632 pour un périple qui les mena dans de nombreux monastères de l’ordre qui les accueillirent fraternellement et leur remirent l’argent, les meubles et les ornements nécessaires à la fondation.

Le couvent de Moulins leur donna un calice avec lequel Saint François de Sales avait célébré la messe, une chasuble de satin blanc, une aube, un surplis et d’autres objets pour l’autel. A Nevers, elles reçurent des objets pour la sacristie et de l’argent pour les aider à payer leur voyage. Elles se rendirent par voie fluviale jusqu’à Orléans où la maladie de leur supérieure les retint quelques jours. Elles y reçurent du linge et de l’argent pour payer les personnes qui accompagnaient les religieuses. La mère d’une fille qu’elles emmenaient avec elle leur prêta leur carrosse pour les conduire jusqu’à Paris et leur donna une jupe de velours à fond d’argent et des serviettes pour l’autel. Arrivées à Paris, elles furent contraintes de demeurer trois semaines au couvent du faubourg Saint Jacques en raison de l’état de leur supérieure, elles y reçurent 50 écus. C’est ensuite au couvent de la rue Saint Antoine que le gel les retint pendant douze jours. Elles reçurent des aumônes, un coffre de linge et du satin blanc à fleurs pour confectionner un ornement. Les amis du couvent parisien leur apportèrent argent et fournitures. Une prétendante rejoignit même la nouvelle communauté avec une dot de 3000 livres, ainsi qu’une sœur tourière. Enfin, les voyageuses purent quitter Paris le 2 février 1633. Elles atteignirent Pont à Mousson où elles reçurent des meubles de bois leur permettant de garnir huit cellules. Leurs pérégrinations permirent d’amasser de quoi commencer leur vie communautaire, alors qu’elles étaient parties sans rien.

Arrivées à Metz, elles furent accueillies pendant trois mois dans le couvent des sœurs bénédictines de Saint Pierre et pendant deux mois elles échouèrent dans une maison de louage avant de pouvoir acheter une maison où elles s’installèrent enfin.

C’est Monseigneur Martin Meurisse, évêque de Madaure, suffragant de l’évêque de Metz et grand vicaire du diocèse, qui reçut les religieuses. Il fit la cérémonie de leur installation en communauté le 24 avril 1633 et dit la messe solennelle.

Dans un premier temps, les religieuses parvinrent à survivre grâce aux dots des religieuses qui les rejoignaient et aux dons qu’elles pouvaient recevoir, mais très vite leur trop grande misère vint à bout de leur courage. Leurs ressources étaient faibles, elles n’avaient que peu d’amis dans la ville susceptibles de les aider et les traites de la maison qu’elles avaient achetée étaient trop lourdes. Les postulantes même apportaient de trop faibles dots, alourdissant ainsi les charges de la communauté sans apporter de compensations financières. Après avoir souffert pendant trois années, les religieuses décidèrent d’abandonner leur nouveau couvent.

Cependant la Sainte Providence veillait !

Les révérends pères jésuites voyant la nouvelle communauté sur le point de disparaître informèrent la supérieure du couvent de Pont à Mousson, la Mère Claude-Marie d’Auvaine qui trouva une solution en moins de vingt quatre heures. Elle choisit une nouvelle supérieure, la Mère Jeanne Françoise de Saint Vincent, et des religieuses pour remplacer celles qui s’apprêtaient à fuir.

Une fois cette nouvelle communauté formée, la Mère d’Auvaine la conduisit elle-même à Metz, à la grande surprise des sœurs de Riom qui étaient sur le départ et qui n’avaient pas été prévenues de l’arrivée de leurs remplaçantes compte tenu de la rapidité des décisions prises. Une somme importante fut empruntée pour payer la maison, avec la caution du couvent de Pont à Mousson, dont la supérieure fournit le linge, les meubles et la nourriture nécessaire n’hésitant pas à partager les provisions entre les deux communautés. Grâce à cette grande supérieure, la nouvelle fondation fut établie le 26 janvier 1636. Claude-Marie d’Auvaine put retourner à Pont à Mousson juste avant que de nouvelles troupes envahissent Metz emmenant avec elles les sœurs de Riom.

Les premiers temps de la communauté

Si les épreuves ne faisaient que commencer, cette deuxième communauté sut trouver le courage de vivre dans le dénuement le plus complet, mangeant légumes et racines, passant plusieurs carêmes à se nourrir uniquement de pain, ramassant le bois qui tombait des arbres pour chauffer la cuisine, dormant dans des cellules et des dortoirs qui n’étaient que des greniers mal chauffés. Mais rien ne pouvait atteindre la conviction de ces saintes filles qui ne pensaient qu’à l’amour et au service de Dieu, acceptant toutes les épreuves. Ainsi commença le couvent de la Visitation, qui plus de trois siècles plus tard, est toujours présent sur les terres de Moselle.

Malgré les difficultés liées à la présence des troupes étrangères qui commettaient de nombreux, les religieuses parvinrent à consolider leur position en multipliant les activités. Elles élevaient des moutons, créaient des manufactures d’étoffes et de souliers, et chacune participait à l’habillement et à la nourriture en fonction de ses dons et de ses capacités. Tout était accompli dans la joie et l’amour fraternel sous le regard de Dieu. « C’était une joie, une union, une charité, une patience et l’assemblage de toutes les vertus les plus éminentes qui formaient dans tous les cœurs cette harmonie chrétienne qui se faisait admirer de toute la ville dans ce nouveau Monastère de la Visitation. »

La piété et le courage de ces saintes filles attira l’attention des habitants de la ville qui n’hésitèrent plus à leur venir en aide. L’intervention des dames charitables, surtout la duchesse de Schomberg, femme du gouverneur des Trois Evêchés, permit dès 1655 la construction des bâtiments du couvent et de véritables cellules. En 1657, c’est la reine mère Anne d’Autriche qui eut le plaisir de visiter le couvent dont elle avait voulu la création, qu’elle aida bien évidemment.

 

 

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